Les jeunes et le couple

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Qu’en est-il de l’amour pour les jeunes ? L’adulte s’imagine que les adolescents vivent une formidable promiscuité sexuelle. La réalité est tout autre.

Une étude française et l’expérience clinique confirment qu’à cinquante ans, on a plus souvent des rapports polygames qu’à quinze ans, âge caractérisé par une plus grande fidélité, quoique de brève durée (à peu près trois mois). À l’origine de cette durée, coexistent un idéal romantique et la peur du SIDA. À peine la rupture consommée, un autre couple se forme qui a les mêmes caractéristiques et, selon la formule, des liens consécutifs plutôt que concomitants. Cela ne signifie pas que cette expérience d’amours précoces soit toujours une expérience positive pour les plus jeunes. Selon les circonstances, trois scénarios peuvent être distingués :

Le couple est la réponse de l’adolescent à un besoin impulsif d’agir, qu’il choisit de satisfaire par une sexualité dépourvue d’affectivité plutôt que par l’alcool ou le sport. Il est peu probable que ces rencontres sérieuses aient un succès durable.

Le destin des couples dont le seul but est de fuir des situations familiales insoutenables n’est pas plus brillant. Mélanie, une patiente de seize ans, a cherché l’amour pour échapper aux névroses de sa mère qui, obnubilée par l’hygiène, l’obligeait à se laver deux fois par jour et stérilisait ses livres d’école avec la même régularité. Afin de pouvoir s’éloigner, elle persuada son père de l’inscrire dans un collège suisse et elle se lia dès son arrivée avec un garçon de sa classe, évidemment le moins attiré par l’hygiène corporelle.

Parfois le destin et la maturité permettent de rencontrer très tôt l’amour de sa vie. D’ordinaire, ces unions débouchent sur des mariages tout aussi précoces, le danger étant que les membres du couple n’évoluent pas nécessairement au même rythme. Ceux qui ont le plus de mal à mûrir avec leur conjoint sont généralement les hommes, qui finissent souvent par chercher hors du couple les expériences qu’ils n’ont pas connues au cours de leur adolescence. Il est alors important de ne pas considérer ces incidents comme mettant fin au rapport de confiance de type fonctionnel-symbiotique, sur lequel s’était fondé le couple bien des aimées auparavant. Certaines expériences telles que la naissance d’un enfant faciliteront une ultérieure maturation intraconjugale.