La sympathie

Rencontre

Il s’agit de l’un des sentiments les plus difficiles à définir et les études qui lui sont consacrées tel que l’essai de Max Scheler sont toujours très attendues. Qu’est-ce qui fait que quelqu’un nous est sympathique ? On peut pointer au moins quatre facteurs :

La familiarité. On a plus de sympathie pour quelqu’un qui pense comme nous ; il est ainsi plus facile d’imaginer une future intimité. L’enfant ressent dès son huitième mois de l’hostilité envers ceux qui sont différents, et jamais par la suite il ne pourra rencontrer un étranger sans une certaine angoisse.

Le physique. L’empathie contribue à nourrir l’attirance que nous ressentons pour le corps d’un autre. La morphopsychologie nous apprend que le corps, en un sens, raconte l’histoire de l’individu. Tout a un sens : être réceptif plutôt qu’hostile ou replié sur soi, parfumé plutôt que malodorant, avoir l’air serein plutôt que courroucé.

La psychologie. Encore une fois il n’existe pas de canon universel. Si l’honnêteté et l’authenticité peuvent susciter la sympathie, on peut aussi être attiré par les tics et les névroses d’un Woody Allen. Les personnages pleins d’eux-mêmes sont souvent antipathiques, et si la générosité inspire de la sympathie, l’avarice affective ne suscite que de l’aversion.

Les origines sociales. On peut apprendre à être sympathique. Aujourd’hui on peut suivre des cours de communication pour apprendre à sourire ou à maîtriser l’art de la rhétorique. Mais le résultat dépend aussi de la latitude. Un habile pickpocket sera populaire et sympathique à Marseille, pas à Strasbourg.